Coup de chapeau à René Vautier

« Donné trois fois pour mort. Blessé, embastillé, et censuré d’innombrables fois, René Vautier continue son boulot de cinéaste militant.

Afrique, Algérie, Bretagne, banlieues

Le septuagénaire doit être le seul réalisateur au monde à se trimballer, un morceau de caméra vissé dans sa tête de mule. Cadeau de la police française.

La France, justement, vient de le distinguer pour l’ensemble de son œuvre… alors que la plupart de ses films ne peuvent toujours être diffusés dans l’hexagone, faute de visa ! Il reste qu’aucune censure n’aura finalement empêché le petit gars de Camaret de devenir cette légende vivante, que chantent aujourd’hui les griots africains.

Sans doute parce que au-delà de l’âpreté des luttes politiques, dans la démesure de son engagement pour l’avènement d’un cinéma social, René Vautier a écrit un autre scénario, jamais tourné, celui-là mais qui donne à sa propre vie la dimension d’un épopée. Goulûment, ce chevalier à la crinière blanche a préféré dévorer le siècle, avant que le siècle ne le dévore…

Tous les cinéastes doivent une part de leur liberté à cet empêcheur de filmer en rond. »

Texte de Gérard Alle

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